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Dimanche 12 novembre 2006

Machine à perdre

L’interview du président de l'assemblée nationale Jean-Louis Debré au Journal du Dimanche ne fait que confirmer ce que l'on savait déjà : on ne se fera pas de cadeau au sein de la majorité présidentielle dont l'intérêt du pays n'est pas le premier souci, c'est le moins que l'on puisse dire.

Jean-Louis Debré semble donc découvrir, après deux ans de présence au gouvernement de Nicolas Sarkozy, que les critiques de ce dernier vis-à-vis du président de la république, du Premier ministre, et de l'action gouvernementale d'une façon générale font désordre et qu'il faut que cela cesse...

On est une fois de plus confondu par l'inanité de ce genre de discours.

À supposer, en effet, que l'action ou les propos de Nicolas Sarkozy soient insupportables, inadmissibles, inacceptables, tout ce qu'on veut, pourquoi ne les sanctionne-t-on pas, ou plutôt, pourquoi ne le sanctionne-t-on pas, lui, Sarkozy ?

Qui donc a nommé Nicolas Sarkozy à son poste ? Qui ? Le Président de la république. Si donc, il ne met pas fin à ses fonctions conformément à la possibilité que lui offre la constitution, c'est qu'il juge son action et ses propos acceptables, et même plus, conformes à l'intérêt du pays et à la politique qu'il faut mener.

Il n'y a rien à ajouter.

L'attitude du président de l'assemblée nationale est donc inadmissible tant sur le plan constitutionnel que politique.

Sur le plan politique, il est clair qu'il agit en service commandé. On aura bien compris qu'il s'agit d'abattre la fusée Sarkozy, mais on ne saisit pas bien au profit de qui ou de quoi.

Que cherche-t-on ? Y a-t-il des enjeux précis, des positions essentielles sur des sujets essentiels qui sépareraient Nicolas Sarkozy d'un Dominique de Villepin ou d'une Michèle Alliot-Marie ?

On aimerait bien les connaître.

Il apparaît que c'est surtout le style de Nicolas Sarkozy qui choque, et le style est certes important.

 

Qui ne verrait d’ailleurs la faiblesse insigne du débat politique français actuel où les candidats ne prennent même plus la peine de faire semblant d'avoir des idées et où c'est presque le ton de leurs discours voire un mot choisi pour un autre qui compte ?

Mais en ce cas, M. Debré devrait donner son avis sur les sujets qui intéressent les Français, leur parler de ses solutions en matière de retraite, d’immigration, d’insécurité, etc., en un mot se ‘mouiller’ un peu…

Rappelons quand même qu’il est le troisième personnage de l’État !

La seule chose intelligente qu’il trouve à dire dans son interview, c’est qu'il apporte tous ses vœux à Ségolène Royal ! Ses vœux chaleureux même ! On croit rêver…

Si Jean-Louis Debré souhaite la victoire de la gauche aux élections, qu'il le dise carrément ! Ca rappellera l'attitude de Jacques Chirac en 1981 qui a fait voter François Mitterrand et nous a donné 14 ans de socialisme (que son arrivée au pouvoir n'a pas réellement interrompus).

S'il s'agit simplement d'un hommage à un adversaire politique, les propos sont encore plus indignes, car ils font passer l'élection présidentielle comme une joute à fleurets mouchetés, dont l'issue, ma foi, sera celle qu'elle sera, une défaite n'étant pas pire qu'une victoire...

Sauf que c'est de la France qu'il s'agit, de ses enfants, de son avenir, toutes choses qui n'intéressent visiblement pas le président de l'assemblée nationale.

Ce n'est pas avec des soldats comme cela qu'on gagnera des batailles et encore moins la guerre.

Par philandblog - Publié dans : 365jours
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